Article publié dans Déco Magazine, en Avril 2017 par Joelle Hajjar
Marie Achkar est tout simplement une fée, avec des mains de fée.
Graphiste de formation, elle a travaillé dans le secteur de la Pub pendant plusieurs années. Ensuite mère d’une famille nombreuse, elle a quitté le monde professionnel sans pour autant abandonner sa passion pour le dessin et l’art. C’est ainsi qu’elle pratique sans interruption la peinture et la sculpture en amateur, jusqu’au jour où la révélation se fait devant la structure métallique d’une figurine qu’elle s’apprête à enduire de plâtre. La force expressive des fils de fer tordus, emmêlés, semble si autonome, si évidente à ses yeux, qu’elle décide d’exploiter ce langage et de le mener dans une direction réfléchie et choisie.
Les aléas de sa vie personnelle vont la précipiter irrésistiblement dans ce projet.
Au chevet de sa mère victime d’un AVC, elle va passer de longues heures de présence et de soins à construire une série de personnages illustrant les différents métiers. C’est ainsi que les premières ” stylhouettes ” voient le jour et séduisent immédiatement le public lors d’expositions collectives. En cinq ans, plus de deux cents stylhouettes sont réalisées sur commande et investissent de leur élégante présence les maisons beyrouthines. Marie va alors perfectionner son art en approfondissant ses recherches de thèmes et de matériaux, allant jusqu’à écumer les hangars de récupération et redonnant vie à des objets condamnés à une lente désintégration. La série des “métiers ” va peu à peu céder la place à des séries poétiques dont la première traite du “Temps”. L’artiste a gagné en assurance, en savoir-faire et déploie une collection de véritables sculptures d’Art qui déclinent le Temps en une série infinie. On verra les mécanismes horlogers se transformer en têtes, en bras, en corps pour incarner ce Temps qui passe et emporte tout. Mais seule Marie sait le dompter et le retenir dans ses sculptures élancées et aériennes. N’est-elle pas une fée?